Le naufrage de Creu, épisode 1
Par christophe, samedi 19 août 2006 à 13:42 :: blablabla :: #41 :: rss

Tout d'abord, merci les filles pour vos messages de réconfort ! J'ai enfin pu récupérer ma voiture hier après-midi (vendredi). Pourtant, c'est bien en train que je suis rentré sur Montpellier, après avoir goûté à la pluie marseilaise ...
C'est avec grand plaisir, malgré ma main tremblante à la signature du chèque, que j'ai retrouvé ce qui représente, j'avoue, un bout de mon sentiment de liberté (sic).
J'ai l'habitude de passer par Marseille et de longer le littoral pour rentrer sur Montpellier, pulsion touristique et économique. Je ne pensais pas, peut-être une petite appréhension quand-même, que j'y laisserai à nouveau ma voiture ... Pourtant, à 60 km de la Seyne-sur-mer, au bout de la rue de Rôme, alors que je me régalais des prouesses du soleil sur les robes blanches des phocéennes, plaisir banal mais plaisir solitaire de l'homme libre, j'ai cru y rester. Quelques cinquante mètres plus loin, accroché à mon volant et à cette pente ardue, la même angoisse m'étreint. J'ai cru en tellement de choses que ce ne fut qu'à la sortie d'un tunnel, au kilomètre 0,2 de l'A7, c'est à dire au bout de la voie d'accéleration, que j'ai du m'avouer vaincu et donner les clefs de mon temps aux aléas de l'industrie, de ses services corrolaires et du système républicain de protection de l'individu et des biens publics.
Il est 16h32. Dans un premier temps, gravir ces tubes rouillés afin d'atteindre un nulle-part oublié de l'humanité mais reconnu pour ses vertues sécuritaires. Sept mètres plus bas, des boulistes, un peu de Pagnol entre deux tours de couchage. Soudain le ciel s'assombrit. L'air que déplacent les bolides dociles me jette au visage une bruine brune de suie, alors que le tonnerre des expolsions sur deux temps gronde sur ma nuque. Courbant l'échine, je me rends.
Bref, les traditions locales me saisissent. Je grossis le trait et pourtant, il me faut appeler le bureau des naufragés. Un employé décroche quelque part du côté du Mans et malgré l'inconfort de la situation, nous prenons le temps d'échanger quelques médisances sur ce charlatan qu'y est entré dans ma vie, pendant mes vacances en Provence, qu'elle est loin mon adolescence ! Tout ceci pour finalement m'inviter à composer le 17, puisque je suis sur les terres des commissaires Van Loc et Navarro et que la lumière se prête bien à leur apparition. Je lui rétorque que mon histoire se prête plus à une intervention de Jean-Pierre Foucault, enfant du pays et que même si je ne suis pas une célébrité, je m'attends à en baver avant d'être sorti de là . Comme il insite, je raccroche, compose le numéro d'Yves Rénier.
16h47, Franck Ribery décroche. Bizarre. Bien-sûr, il ne comprends pas où je suis, qui je suis, ce que je veux.
Moi : "Franck, s'il-te-plaît, laisse ce téléphone tanquille et retourne à l'entrainement Fuir, tout plaquer, ne sont pas des solutions. Tu es footballeur, un grand footballeur, un grand marseillais aussi, je te le dis et en matière de balon rond tu peux me faire confiance. Allez fonce petit et passe moi Roger."
Franck Ribery :"Il est occupé, je lui donne ton numéro et il te rappelle."
Moi ? : ""Merci Francky, mais fais vite, on se les gèle ici et j'ai déjà descendu mon dernier litre de Cristaline."
Je n'ai plus qu'à épier là au bout, l'arrivée de l'est-ce-ta-fête de Police Secours. 17h15, je réalise que Franck n'a pu dire à personne ou je me trouve et que ne vois aucune caméra. J'attends deux minutes de plus par courtoisie et recompose le numéro, espérant sept fois entendre la voix réconfortante de Moulin. Car je sais qu'il n'a toujours pas pris sa retraite, je l'ai encore vu hier faire le fanfaron à la télévision.
Franck : "Oui allo ?"
Moi : "Franck ? (Je flanche) Mais merde Franck qu'est-ce que tu fous ?"
Franck : "T'inquiètes pas, j'y vais, mais là on fête mon départ. Tu veux pas venir, c'est un peu grâce à t..."
Moi : "Mais merde ! Ca fait une demie-heure que j'attends sur l'autoroute ! Tu m'as dit qu'un vrai flic aller m'apeler !!?"
Franck : "Ah oui ! (Silence). Je les relance."
Moi : "Merci !".
Je commence à me sentir coincé, à l'étroit. Et là , nulle-part, deux hommes blonds en bermudas passent en touriste et cela me laisse sceptique.
Le temps passe, les nuages non. Le ciel hésite depuis trop longtemps, c'est stressant. Je pleux, je pleux pas, je pleux non ! Un tit'éclair ! Qu'est-ce qu'ils ont tous aujourd'hui ?
17h47. Je suis toujours là , est-ce normal ? Après tout je n'en sais rien. Ce qui est sûr c'est que personne ne sais où je suis et à vrai dire, pas même moi.
Let's call Franck again but the ringingiling is so long, I miss you Franck, feelin' alone on the long way road to home, you're so far from me, don't you care ? Here on my own, I think of you with cotillons party with your friends and I say to myself, leave him alone.
Je raccroche et recompose ausitôt le numéro avant de me foutre une baffe. Surpise, on décroche tout de suite. Doivent avoir le même standard que les jeux télévisés du matin. Je ne reconnais pas cette voix, plus fluette, alors je me dis que ce coup-ci, j'ai peut-être gagné ...
Fluet : "Quoi, ils ne vous ont toujours pas rappeler ? Quelle bande d'incompétents ! Je vais vous passer leur numéro, vous alez régler ça avec eux. Il vous reste des crédits ?"
Moi (à moi-même) : "Quoi des crédits, c'était marqué où ça des crédits? C'est comme dans les festivals quand on fait la queue au bar et qu'après on nous dit qu'il faut d'abord passer par la caisse c'est ça ?, C'est quoi cette arnaque encore ?"
D'homme à homme : "Des crédits, oui, j'en ai plein des crédits !"
Moi (à moi-même again) : "Font chier quand-même une semaine que je passe des coups de fils hors forfait et lui qui gagne du temps avec des questions stupides. Je suis même pas sûr d'arriver au bout."
Fluet : "Très bien, voici le numéro : 04 96, heu non 90 10 20, à la fin vous pouvez mettre 00, 17, 95 ou encore 43..."
Moi : ¨"Ok ok, je raccroche avant d'oublier."
Fluet : "Merci monsieur."
Moi : "Oui oui c'est ça merci 10 20."
Fluet : "Bon courage monsieur".
17h55. Cinq minutes avant la fermeture des garages. Vite vite, le numéro ...
L'homme dont mon avenir proche dépend : "Allo ?"
Moi : "Bonjour, je suis bien... Chez la police ? Je suis en panne sur l'autoroute, c'est moi la corsa verte ..."
L'homme dont mon avenir proche dépend : "Vous êtes où monsieur ?"
Moi : "D'accord. Alors je vois ..."
18h02.
L'homme dont mon avenir proche dépend : "Okay, je vois pas. Je vais vous localiser. Par exemple, là vous voyez une caravanne ?"
Moi : "Heu.... Heu... Non. J'ai perdu ?"
L'homme dont mon avenir proche dépend : "Mais non dans votre dos."
Moi : "?"
Moi : "Non, mais je vois une voiture de police, encore une..."
Moi : "Ah là !!!! 282. Je suis au kilomètre 282 !!!! J'ai gagné §? C'était caché ! 282, mais de l'autre côté !!"
L'homme dont mon avenir proche dépend : "Ahh ! ben voilà ! La dépanneuse arrive dans trente minutes."
Moi : "Ahh super, merci, merci beaucoup !"
De 18h10 Ã 18h35, je me retourne toutes les cinq minutes pour regarder les boulistes et je joue au jeu des sept erreurs.
Soudain, de l'autre côté, arrivant à toute allure dans un jaillissement de lumières oranges tourbillonantes, mon remorqueur ! Le petit camion va très vite et pourtant je peux voir son conducteur me faire un signe nonchalant des deux doigts. Même s'il ne roule pas dans le bon sens, j'ai à nouveau confiance en l'avenir. J'ai raison, cinq minutes plus tard, le camion plateau me rejoint toujours à la même vitesse jusqu'à se planter pile devant ma voiture. Tout en me parlant, le type sort, son camion est déjà en branle, je suis vraiment en confiance, mais un peu déçu quand je m'apperçois qu'il a une télécommande à la main. Puis il grimpe dans ma voiture, donne un tour de clef et la voiture démarre, signe d'interrogation défiant. Je lui signifie de l'index droit une négation définitive avec une confiance limite pédante. Il coupe le moteur et tente en vain de redémarrer. Ouf ! J'aurai bien était emmerdé de pouvoir repartir, rentrer chez moi, en laissant tomber ce type qui était à deux doigts de pouvoir faire de même quand son téléphone a sonné.
A suivre ...
J'ai l'habitude de passer par Marseille et de longer le littoral pour rentrer sur Montpellier, pulsion touristique et économique. Je ne pensais pas, peut-être une petite appréhension quand-même, que j'y laisserai à nouveau ma voiture ... Pourtant, à 60 km de la Seyne-sur-mer, au bout de la rue de Rôme, alors que je me régalais des prouesses du soleil sur les robes blanches des phocéennes, plaisir banal mais plaisir solitaire de l'homme libre, j'ai cru y rester. Quelques cinquante mètres plus loin, accroché à mon volant et à cette pente ardue, la même angoisse m'étreint. J'ai cru en tellement de choses que ce ne fut qu'à la sortie d'un tunnel, au kilomètre 0,2 de l'A7, c'est à dire au bout de la voie d'accéleration, que j'ai du m'avouer vaincu et donner les clefs de mon temps aux aléas de l'industrie, de ses services corrolaires et du système républicain de protection de l'individu et des biens publics.
Il est 16h32. Dans un premier temps, gravir ces tubes rouillés afin d'atteindre un nulle-part oublié de l'humanité mais reconnu pour ses vertues sécuritaires. Sept mètres plus bas, des boulistes, un peu de Pagnol entre deux tours de couchage. Soudain le ciel s'assombrit. L'air que déplacent les bolides dociles me jette au visage une bruine brune de suie, alors que le tonnerre des expolsions sur deux temps gronde sur ma nuque. Courbant l'échine, je me rends.
Bref, les traditions locales me saisissent. Je grossis le trait et pourtant, il me faut appeler le bureau des naufragés. Un employé décroche quelque part du côté du Mans et malgré l'inconfort de la situation, nous prenons le temps d'échanger quelques médisances sur ce charlatan qu'y est entré dans ma vie, pendant mes vacances en Provence, qu'elle est loin mon adolescence ! Tout ceci pour finalement m'inviter à composer le 17, puisque je suis sur les terres des commissaires Van Loc et Navarro et que la lumière se prête bien à leur apparition. Je lui rétorque que mon histoire se prête plus à une intervention de Jean-Pierre Foucault, enfant du pays et que même si je ne suis pas une célébrité, je m'attends à en baver avant d'être sorti de là . Comme il insite, je raccroche, compose le numéro d'Yves Rénier.
16h47, Franck Ribery décroche. Bizarre. Bien-sûr, il ne comprends pas où je suis, qui je suis, ce que je veux.
Moi : "Franck, s'il-te-plaît, laisse ce téléphone tanquille et retourne à l'entrainement Fuir, tout plaquer, ne sont pas des solutions. Tu es footballeur, un grand footballeur, un grand marseillais aussi, je te le dis et en matière de balon rond tu peux me faire confiance. Allez fonce petit et passe moi Roger."
Franck Ribery :"Il est occupé, je lui donne ton numéro et il te rappelle."
Moi ? : ""Merci Francky, mais fais vite, on se les gèle ici et j'ai déjà descendu mon dernier litre de Cristaline."
Je n'ai plus qu'à épier là au bout, l'arrivée de l'est-ce-ta-fête de Police Secours. 17h15, je réalise que Franck n'a pu dire à personne ou je me trouve et que ne vois aucune caméra. J'attends deux minutes de plus par courtoisie et recompose le numéro, espérant sept fois entendre la voix réconfortante de Moulin. Car je sais qu'il n'a toujours pas pris sa retraite, je l'ai encore vu hier faire le fanfaron à la télévision.
Franck : "Oui allo ?"
Moi : "Franck ? (Je flanche) Mais merde Franck qu'est-ce que tu fous ?"
Franck : "T'inquiètes pas, j'y vais, mais là on fête mon départ. Tu veux pas venir, c'est un peu grâce à t..."
Moi : "Mais merde ! Ca fait une demie-heure que j'attends sur l'autoroute ! Tu m'as dit qu'un vrai flic aller m'apeler !!?"
Franck : "Ah oui ! (Silence). Je les relance."
Moi : "Merci !".
Je commence à me sentir coincé, à l'étroit. Et là , nulle-part, deux hommes blonds en bermudas passent en touriste et cela me laisse sceptique.
Le temps passe, les nuages non. Le ciel hésite depuis trop longtemps, c'est stressant. Je pleux, je pleux pas, je pleux non ! Un tit'éclair ! Qu'est-ce qu'ils ont tous aujourd'hui ?
17h47. Je suis toujours là , est-ce normal ? Après tout je n'en sais rien. Ce qui est sûr c'est que personne ne sais où je suis et à vrai dire, pas même moi.
Let's call Franck again but the ringingiling is so long, I miss you Franck, feelin' alone on the long way road to home, you're so far from me, don't you care ? Here on my own, I think of you with cotillons party with your friends and I say to myself, leave him alone.
Je raccroche et recompose ausitôt le numéro avant de me foutre une baffe. Surpise, on décroche tout de suite. Doivent avoir le même standard que les jeux télévisés du matin. Je ne reconnais pas cette voix, plus fluette, alors je me dis que ce coup-ci, j'ai peut-être gagné ...
Fluet : "Quoi, ils ne vous ont toujours pas rappeler ? Quelle bande d'incompétents ! Je vais vous passer leur numéro, vous alez régler ça avec eux. Il vous reste des crédits ?"
Moi (à moi-même) : "Quoi des crédits, c'était marqué où ça des crédits? C'est comme dans les festivals quand on fait la queue au bar et qu'après on nous dit qu'il faut d'abord passer par la caisse c'est ça ?, C'est quoi cette arnaque encore ?"
D'homme à homme : "Des crédits, oui, j'en ai plein des crédits !"
Moi (à moi-même again) : "Font chier quand-même une semaine que je passe des coups de fils hors forfait et lui qui gagne du temps avec des questions stupides. Je suis même pas sûr d'arriver au bout."
Fluet : "Très bien, voici le numéro : 04 96, heu non 90 10 20, à la fin vous pouvez mettre 00, 17, 95 ou encore 43..."
Moi : ¨"Ok ok, je raccroche avant d'oublier."
Fluet : "Merci monsieur."
Moi : "Oui oui c'est ça merci 10 20."
Fluet : "Bon courage monsieur".
17h55. Cinq minutes avant la fermeture des garages. Vite vite, le numéro ...
L'homme dont mon avenir proche dépend : "Allo ?"
Moi : "Bonjour, je suis bien... Chez la police ? Je suis en panne sur l'autoroute, c'est moi la corsa verte ..."
L'homme dont mon avenir proche dépend : "Vous êtes où monsieur ?"
Moi : "D'accord. Alors je vois ..."
18h02.
L'homme dont mon avenir proche dépend : "Okay, je vois pas. Je vais vous localiser. Par exemple, là vous voyez une caravanne ?"
Moi : "Heu.... Heu... Non. J'ai perdu ?"
L'homme dont mon avenir proche dépend : "Mais non dans votre dos."
Moi : "?"
Moi : "Non, mais je vois une voiture de police, encore une..."
Moi : "Ah là !!!! 282. Je suis au kilomètre 282 !!!! J'ai gagné §? C'était caché ! 282, mais de l'autre côté !!"
L'homme dont mon avenir proche dépend : "Ahh ! ben voilà ! La dépanneuse arrive dans trente minutes."
Moi : "Ahh super, merci, merci beaucoup !"
De 18h10 Ã 18h35, je me retourne toutes les cinq minutes pour regarder les boulistes et je joue au jeu des sept erreurs.
Soudain, de l'autre côté, arrivant à toute allure dans un jaillissement de lumières oranges tourbillonantes, mon remorqueur ! Le petit camion va très vite et pourtant je peux voir son conducteur me faire un signe nonchalant des deux doigts. Même s'il ne roule pas dans le bon sens, j'ai à nouveau confiance en l'avenir. J'ai raison, cinq minutes plus tard, le camion plateau me rejoint toujours à la même vitesse jusqu'à se planter pile devant ma voiture. Tout en me parlant, le type sort, son camion est déjà en branle, je suis vraiment en confiance, mais un peu déçu quand je m'apperçois qu'il a une télécommande à la main. Puis il grimpe dans ma voiture, donne un tour de clef et la voiture démarre, signe d'interrogation défiant. Je lui signifie de l'index droit une négation définitive avec une confiance limite pédante. Il coupe le moteur et tente en vain de redémarrer. Ouf ! J'aurai bien était emmerdé de pouvoir repartir, rentrer chez moi, en laissant tomber ce type qui était à deux doigts de pouvoir faire de même quand son téléphone a sonné.
A suivre ...









Commentaires
1. Le dimanche 20 août 2006 à 19:13, par aurore
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